
Cyril Brosset
Inscription, gestion des données, signalement des abus, voici tout ce qu’il faut savoir sur la liste antidémarchage Bloctel.
Directement en ligne sur le site Bloctel.gouv.fr. La procédure est simple, rapide et gratuite. Il suffit d’entrer quelques informations personnelles (nom, prénom, adresse mail et numéro de contact) ainsi que le ou les numéros sur lesquels vous ne souhaitez plus recevoir d’appels intempestifs. Vous recevrez dans la foulée un lien sur lequel vous devrez cliquer pour confirmer l’inscription. Vous pouvez inscrire vos numéros de fixe et/ou portable ainsi que ceux de vos proches (parents, enfants…) à condition de pouvoir, en cas de contestation, prouver que le titulaire de la ligne vous a bien mandaté pour l’inscrire à Bloctel. Ceux qui n’ont pas Internet peuvent s’inscrire par courrier à l’adresse suivante : Liste Bloctel, 6 rue Nicolas Siret, 10 000 Troyes. Le temps que les entreprises mettent à jour leurs fichiers, un délai d’un mois est nécessaire avant une pleine efficacité. L’inscription à Bloctel dure 3 ans. Au terme de ce délai, vous recevrez un e-mail ou un courrier. Vous devrez alors renouveler votre inscription. Sachez que les personnes inscrites à l’ex-liste antidémarchage Pacitel ainsi que celles figurant sur les listes Rouge et antiprospection des opérateurs doivent s’inscrire sur Bloctel pour bénéficier de ses services.
La grande majorité des appels cherchant à vendre un bien ou un service, qu’ils soient passés sur le fixe ou le portable.
Ce que Bloctel n’arrête pas :
Le fait que les entreprises pratiquant le démarchage aient l’obligation d’adhérer au dispositif Bloctel (loi du 17 mars 2014) devrait rendre le dispositif plus efficace que ses prédécesseurs. Qui plus est, en cas de manquement, c’est la société ayant commandité le démarchage qui sera tenue pour responsable, même si les appels ont été passés par une plate-forme basée à l’étranger. Mais encore faut-il que les entreprises respectent cette législation. Or, pour l’instant, les contrôles de la DGCCRF ne sont pas suffisants et les amendes de 75 000 € dont sont passibles les sociétés contrevenantes ne sont pas dissuasives.
Vous pouvez déposer une réclamation.
Le gouvernement a beau se féliciter du succès de Bloctel, la liste antidémarchage lancée en juin 2016 doit encore faire ses preuves.
Six mois après le lancement de la liste antidémarchage Bloctel, Martine Pinville, la secrétaire d’État à la Consommation, avait le sourire. Avec 6 millions de numéros de téléphone recensés et 2,7 millions de personnes protégées à la mi-décembre, Bloctel est un incontestable succès populaire. Du côté de l’efficacité, en revanche, le bilan est plus mitigé. Si 60 % des inscrits à Bloctel ayant répondu à l’enquête de l’Observatoire de la consommation de l’UFC-Que Choisir disent avoir constaté une baisse du nombre d’appels, c’est en général dans une proportion négligeable. Seulement 18 % d’entre eux trouvent que les appels ont « beaucoup baissé ». Quant aux 40 % restants, ils n’ont pas vu de changement. Parmi eux, 5 % auraient même noté une hausse des appels.
L’autre point noir concerne les réclamations. La plupart des personnes ayant signalé à Bloctel des numéros les ayant démarchés sont insatisfaites. 29 % d’entre elles trouvent la procédure compliquée. Chaque signalement nécessite en effet la transmission d’une série de renseignements dont certains ne sont pas évidents à obtenir, comme le numéro de l’appelant, le nom de la société ou son domaine d’activité. Mais ce que tous déplorent, c’est l’absence de suivi. Après avoir reçu un e-mail leur confirmant la prise en compte de leur réclamation et sa transmission aux services de la répression des fraudes, aucun d’entre eux n’a été informé des suites données à sa plainte.
À la mi-décembre, seules 500 entreprises avaient adhéré au système et deux avaient été sanctionnées pour avoir démarché illégalement des numéros inscrits sur Bloctel. C’est très peu. Mais pour Martine Pinville, ce n’est qu’un début : 80 autres sociétés seraient dans la ligne de mire de ses services et la secrétaire d’État promet un renforcement des contrôles en 2017.
Pour que les appels diminuent, il faudrait aussi que les amendes soient plus dissuasives (elles sont plafonnées à 75 000 €) et, surtout, que les noms des récalcitrants et/ou des sociétés adhérentes à Bloctel soient rendus publics. Mais pour l’heure, le ministère s’y refuse.
Tout sur le démarchage
Cyril Brosset
La force d'une association tient à ses adhérents ! Aujourd'hui plus que jamais, nous comptons sur votre soutien. Nous soutenir
Recevez gratuitement notre newsletter hebdomadaire ! Actus, tests, enquêtes réalisés par des experts. En savoir plus