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Dossier pharmaceutiquePhase 2

AS

par Anne-Sophie Stamane

Éviter les interactions médicamenteuses est devenu un enjeu de santé publique. La généralisation du dossier pharmaceutique, qui permet de compiler les médicaments délivrés les 4 derniers mois, devrait aider à atteindre cet objectif.

C'est fait. Un décret paru au « Journal officiel » du 17 décembre vient de donner le feu vert à la généralisation du dossier pharmaceutique (DP) individuel informatisé. Expérimenté depuis 2007 à l'initiative de l'Ordre des pharmaciens, le DP permet tout simplement de répertorier l'ensemble des médicaments délivrés à un patient, quelle que soit l'officine où ils ont été vendus, qu'il s'agisse de produits sur ordonnance ou en vente libre. Ouvert avec l'accord du client, cet outil a l'ambition simple et pourtant essentielle de repérer les interactions médicamenteuses, responsables de milliers d'hospitalisations chaque année.

Toutes les officines ne sont pas encore en capacité d'activer des dossiers pharmaceutiques, et la généralisation devrait s'étaler jusqu'à fin 2010. Mais grâce à celles qui ont déjà intégré le système, près de 2 millions de personnes disposent d'un DP. Il faut dire que l'utilité est difficilement contestable, et la procédure extrêmement simple. Pour en ouvrir un, le pharmacien doit juste recueillir le consentement du patient, qui fait l'objet d'un document écrit. Ensuite, à chaque délivrance de médicament, le nom et la quantité de produits sont inscrits dans le DP, sauf si le client n'est pas d'accord. Ce dernier peut même refuser que le pharmacien ouvre le DP, sans que cela ait de conséquences sur le remboursement des prescriptions. Quant à la sécurité du dispositif, elle est au rendez-vous puisque pour accéder au dossier, la carte professionnelle de santé du pharmacien et la carte Vitale du client sont nécessaires.

Dans l'hypothèse où le pharmacien détecte une incompatibilité entre deux produits, à lui d'intervenir et d'expliquer au patient de quoi il retourne. S'il s'agit d'une prescription, la dispensation est bloquée et le médecin averti. Le dispositif est donc plutôt solide et cohérent. Une seule fausse note pour le moment : les médicaments délivrés à l'hôpital ne sont pas intégrés au DP. Une expérimentation devrait être lancée pour combler ce manque.

AS

Anne-Sophie Stamane

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